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Florence Ringoot (BDthèque de Bruxelles) : « Des parents ne veulent pas que leur ado vienne, parce qu’il lit beaucoup trop ! »

Florence Ringoot et Julien Geelan, de la BDthèque de Bruxelles - Photo Fanny Guyomard

Florence Ringoot (BDthèque de Bruxelles) : « Des parents ne veulent pas que leur ado vienne, parce qu’il lit beaucoup trop ! »

Comment classer la bande dessinée en bibliothèque ? Et restreindre l’accès aux ouvrages déconseillés aux jeunes lecteurs ? Et quelles tendances de fond en médiathèque ? Réponses d’une spécialiste, Florence Ringoot, directrice de la BDthèque de Bruxelles, une bibliothèque exclusivement dédiées aux BD et mangas.

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Par Fanny Guyomard, à Bruxelles
Créé le 01.02.2024 à 14h12

Ouverte depuis l'été 2023 dans un petit local en plein centre de la capitale belge, la BDthèque de Bruxelles propose plus de 3 000 bandes dessinées et comics, et plus de 5 500 mangas, pour un budget d’acquisitions annuel de 15 000 euros. Sa directrice, Florence Ringoot, expose sa manière de travailler. 

 

Livres Hebdo : Comment classez-vous vos BD, et restreignez-vous le prêt des mangas « adultes » aux enfants ?

Florence Ringoot : Nous avons séparé la BD franco-belge des comics, des mangas, des manhua (le manga chinois), du manhwa (le manga coréen), des documentaires sur la BD et des revues. Avant, nous classions les mangas en séparant enfants, ados et adultes, mais les enfants allaient droit vers L’attaque des Titans*, rangé en adulte ! Nous avons donc décidé de tout mélanger. La restriction se fait au comptoir.

 

Mais ils peuvent lire sur place…

Oui, et on voit par exemple des adolescentes lire Sunstone, une série de comics BDSM lesbien de Stjepan Šejić, qu’elles n’apportent pas à la maison... Mais il arrive que des parents ne veulent pas que leur ado vienne, parce qu’il lit beaucoup trop ! J’en ai certains de l’école d’à côté qui passent à midi emprunter dix mangas, et à 16 heures les rendre et en emprunter dix autres... Je suis contente, ils lisent !

 

Quelles tendances de fond observez-vous ?

Le manga reste toujours très prisé. Des adultes ne viennent que pour ça. Certains découvrent d’abord leurs adaptations en anime, ou les lisent sous la forme de webtoon – manhwa en ligne –, puis viennent consulter ici les derniers épisodes auxquels ils n’ont pas accès en ligne gratuitement. La nouveauté, c’est la popularité du manhua et du manhwa. On achète quasiment tout ce qui se publie, et on propose ces livres dans un rayon séparé, donc ils sont mis en valeur. Et contrairement aux mangas japonais que l’on achète, le manhwa est en couleur et se lit de droite à gauche, donc attire des lecteurs qui ne sont pas habitués au manga, comme des assidus de mangas japonais.

 

*Une série de Hajime Isayama – sur des géants dévorant férocement des humains – plutôt destinée aux plus de 14 ans.

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