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MID 2024 : « Le marché de la BD française est immense comparé aux marchés étrangers »

Dans les allées du Marché international des droits (MID) d'Angoulême. - Photo EC

MID 2024 : « Le marché de la BD française est immense comparé aux marchés étrangers »

Sur le Marché international des droits (MID) d’Angoulême, qui s’est ouvert mercredi 24 janvier, la BD française a le vent en poupe. Ce qui n’empêche pas les chargés de cession de droits français d’affiner leur offre pour mieux cibler les marchés étrangers.

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Par Élodie Carreira,
Créé le 25.01.2024 à 10h32 ,
Mis à jour le 25.01.2024 à 16h35

Il est le seul consacré au 9ᵉ art. Du 24 au 27 janvier, le Marché international des droits (MID) du Festival de la BD d’Angoulême réunit plus d’une centaine de structures exposantes, dont 35 pays représentés. Pour les responsables des cessions de droits, les éditeurs, les agents ou encore les professionnels des métiers de l’audiovisuel, c’est parfois là que tout se joue.

« On sent les brèches et on s’engouffre », résume Séverine Aupert, responsable des droits chez Delcourt-Soleil. Conscients des besoins propres à chaque marché étranger, les éditeurs français choisissent avec soin les titres à exposer sur leur stand, et ceux à mettre en avant lors de leurs nombreux rendez-vous. « Le marché anglophone est davantage animé par la fiction et les feuilletons du XXᵉ siècle, l’Espagne préfère les romans graphiques, alors que les Scandinaves vont être davantage séduits par des récits fantastiques, à l’image du Monde d’Aquilon ou des Guerres d’Arran », détaille la représentante de Delcourt.

Faire valoir les nouveautés

De son côté, Nolwenn Lebret, représentante des éditions Futuropolis et Casterman, a choisi de mettre en avant Sang neuf de Jean-Christophe Chauzy (Casterman), le premier volume des Royaumes de Tiketone (Mélissa Morin, Casterman) pour la jeunesse ou encore Ce que je sais de Rokia (Francesca Vartuli et Quitterie Simon, Futuropolis), qui paraîtront en février et en mars. « De manière générale, on va plutôt travailler les nouveautés ou les parutions à venir, parfois jusqu’en mai, puisque les éditeurs, que l’on croise régulièrement sur les foires internationales, connaissent déjà notre catalogue actuel », explique-t-elle.

La production éditoriale française n’a d’ailleurs jamais eu de souci à se faire tant elle séduit à l’international. Le Syndicat national de l’édition (SNE) avait recensé, pour l’année 2022, 3 763 droits cédés, soit 30 % de la production de bande dessinée. De son côté, Séverine Aupert se réjouit qu’une maison britannique de pointe comme Titan Books, connue pour ses grosses franchises à l’instar de Batman, Blade Runner ou Tank Girl, ait voulu acquérir les droits de la série Moriarty, éditée initialement par Delcourt. D’autant que le marché anglophone, super-producteur de comics et de romans graphiques, figure parmi les plus difficiles à convaincre.

La BD française : un haut potentiel d’adaptation

« Les éditeurs anglophones sont très à cheval sur les séries. Ils attendent que l’intégralité des tomes soient sortis pour avoir une pagination suffisamment dense, explique Lesly Carrer, défenseuse du label BD Kids de Bayard. Des phénomènes comme Mortelle Adèle ou Anatole la tuile risquent de ne pas fonctionner avec eux, alors on va davantage leur soumettre la collection Bayard Graphic. Et c’est plus difficile encore avec l’Asie, qui a une approche très scolaire. »

Julia Skorcz, chargée des droits chez Glénat, a, quant à elle, prévu « des rendez-vous avec tout le monde » puisque « le marché de la BD française est immense comparé aux marchés étrangers ». Elle aussi a choisi de défendre les parutions récentes, comme le tome 2 de Lou ! Sonata, celui de Brume (Jérôme Pélissier et Carine Hinder), mais aussi les nouveautés à venir telles qu'Horizons climatiques, recueil de neuf témoignages d’experts scientifiques du GIEC. « C’est un type de récit, d’illustrations qui plaît beaucoup à des pays comme l’Ukraine, la Pologne, le Danemark », confie-t-elle.

Autre vecteur de dynamisme sur le MID : l’audiovisuel. Depuis que l’événement Shoot the Book! s’est invité dans la capitale de la BD il y a trois ans, les producteurs viennent, eux aussi, arpenter les allées du marché, à la recherche d’un album à « haut potentiel d’adaptation ». Cette année, le jury de l’opération a notamment réuni David Rogers d’AMC Networks, Simon Gabriele d’Amazon Studio ou encore Audrey Brugère, du groupe Canal+. Et l’excellence éditoriale de la France en matière de vente de droits en BD s’est de nouveau confirmée : les dix titres sélectionnés ont tous paru dans une maison de l’Hexagone.

Grâce à son caractère romanesque, la première partie du diptyque de Chloé Cruchaudet, Céleste « Bien sûr monsieur Proust » (Soleil), a conquis l’ensemble des jurés. De son côté, François Cusset, producteur chez Yes Sir Agency, compte bien mettre une option sur le très documenté Wagner de Mathieu Olivier, Benjamin Roger et Thierry Chavant, pour une adaptation sous forme de « documentaire hybride ».

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