Poésie

L’appel au secours de la revue Arpa

L’appel au secours de la revue Arpa

Arpa

L’appel au secours de la revue Arpa

À la suite de la perte de la subvention que lui versait la Drac de Clermont-Ferrand, la revue de poésie Arpa voit son avenir menacé. Une quarantaine de nouveaux abonnés suffiraient à assurer sa pérennité.

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Par Charles Knappek,
Créé le 29.07.2021 à 14h00

Bien connue des amateurs de poésie, Arpa est en danger. La revue auvergnate, dont le 132e numéro rendant hommage à Cédric Demangeot vient de paraître, a appris en juin dernier qu’elle perdra en 2022 la subvention que lui verse la Drac de Clermont-Ferrand.

C’est une conséquence de la réforme territoriale : les Directions régionales des affaires culturelles (Drac) ne financent plus les revues. Arpa avait jusqu’à présent bénéficié d’une dérogation, qui ne pourra pas être prorogée en 2022. Le manque à gagner s’élève à 3 500 euros, soit 30 % du budget annuel de cette revue fondée en 1976 dont les dirigeants sont tous bénévoles. En quête de nouveaux financements, Arpa s’est, dans un premier temps, tournée vers le Centre national du livre (CNL). Mais les dossiers de subvention devaient être déposés avant mai 2021. Elle ne pourra donc pas solliciter d’aide avant 2022, pour l’exercice 2023.

Arpa a également sollicité le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, sans plus de succès : la Région pose comme condition d’éligibilité aux revues qui la sollicitent qu’une part significative de leurs ventes soient effectuées en librairie. Un critère auquel ne satisfait pas Arpa, dont les trois à quatre numéros annuels sont distribués quasi exclusivement par abonnement.

Développer la diffusion en librairie

Interrogé par Livres Hebdo, le conseil régional se dit néanmoins "conscient de la qualité de la revue et de l’importance qu’il y a à ce qu’elle continue d’exister". À ce titre, il ne ferme pas la porte pour l’an prochain, invitant les dirigeants d’Arpa à développer leur présence en librairie. Le message a été bien reçu par les intéressés, qui indiquent avoir d’ores et déjà pris contact avec un éditeur pour qu’il s’occupe de la diffusion en librairie, moyennant une contrepartie encore à définir. "Ce système pourrait être mis en place avant la fin de l’année, date à laquelle nous referons le point avec le conseil régional", précise François Graveline, le trésorier d’Arpa.

En attendant, la revue a besoin de nouveaux lecteurs. Environ 170 personnes sont aujourd’hui abonnées à Arpa, dont chaque numéro est tiré en moyenne entre 300 et 400 exemplaires. "Il nous manque une quarantaine d’abonnés pour assurer la pérennité de notre publication", confie Gérard Bocholier, son directeur depuis 1991. Outre sa présence dans quelques rares librairies comme Les Volcans à Clermont-Ferrand, la revue fait aussi de la vente au numéro lors des salons littéraires ou à l’occasion de lectures de ses auteurs.

Malgré son tirage confidentiel, Arpa compte parmi les titres de référence de la poésie contemporaine française et étrangère. Elle a publié des auteurs aussi connus que Philippe Jaccottet, Jacques Réda, Charles Juliet ou encore Pierre Oster. Elle a aussi révélé Cédric Demangeot, disparu en janvier 2021, dont elle avait publié les premiers poèmes dès 1996.

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