Métiers de l'édition

L'ascension des agents : Quel avenir pour les directeurs de droits ?

Maylis Vauterin, Stock. - Photo Olivier Dion

L'ascension des agents : Quel avenir pour les directeurs de droits ?

La concurrence des agents, source d'inquiétude ou de stimulation pour les responsables des cessions de droits dans les maisons d'édition?

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Par Marine Durand ,
Créé le 08.10.2021 à 10h30 ,
Mis à jour le 10.10.2021 à 10h00

Antoine Gallimard le reconnaît sans détour : « Les agents sont les concurrents de nos services de cessions de droits ». Le P-DG du groupe Madrigall en sait quelque chose : l'agent américain Andrew Wylie a récupéré une partie de la succession d'Albert Camus il y a quelques années. À l'heure où la profession d'agent se démocratise, la question du devenir des directeurs des droits se pose légitimement, sans pour autant effrayer démesurément les principaux intéressés.

« Bien sûr qu'il y a une petite inquiétude, comme devant chaque nouveauté. Mais je vois dans cette multiplication des acteurs indépendants le même processus d'externalisation en cours que dans le reste du monde du travail », observe Maÿlis Vauterin, directrice des droits étrangers, audiovisuels et annexes de Stock. L'intérêt des auteurs pour les traductions et adaptations s'est accru, en même temps que la pression financière sur les services.

« Les services de cessions de droit, c'est une spécificité française. Ils ont grossi pendant des années, pour augmenter le chiffre d'affaires des maisons, et on se tourne aujourd'hui vers la logique inverse : pour faire baisser les coûts, on externalise l'activité », abonde Julie Finidori. Au printemps 2020, elle a quitté le service des cessions étrangères d'Albin Michel pour lancer son agence, comme l'avait fait longtemps avant elle Susanna Lea avec Robert Laffont, ou plus récemment Violaine Faucon (de l'Olivier à Trames) ou Sophie Langlais (des Arènes à BAM). Pour autant, « je ne vois pas les services des grandes maisons comme Gallimard ou Albin Michel disparaître », ajoute Julie Finidori, qui a toujours collaboré sans problème avec des agents quand elle était rue Huyghens, et penche pour une cohabitation entre gros services et acteurs indépendants, pour les plus petites structures.

« Il y a des gens très bons dans les droits en France avec une expertise incroyable », ajoute Maÿlis Vauterin, qui préfère voir la concurrence des agents comme « un aiguillon d'excellence ». Le démantèlement des services de droits n'est pas à l'ordre du jour. Mais l'évolution, elle, est déjà en cours. Ainsi, Gallimard propose désormais à des petites maisons, hors du groupe Madrigall, de bénéficier des services de ses chargés de droits. « Un peu comme des agents », note son patron.

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