La conclusion de l'adaptation du roman d'Umberto Eco par Milo Manara, Le nom de la rose, vol. 2 (Glénat) enregistre 7 500 ventes en première semaine selon les chiffres NielsenIQ BookData partagés par son éditeur. Une performance dépassant le tome 1 (6 990 exemplaires fin septembre 2023) qui lui permet d’entrer à la 14e place du top 20 NielsenIQ BookData / Livres Hebdo.
En parallèle, le premier volume a généré également 1 008 ventes supplémentaires la semaine dernière, lui permettant de franchir la barre des 100 000 copies écoulées en stock, et d’envisager pour l’éditeur un élargissement du public avec le tome 2.
Glénat a misé sur un tirage initial de 85 000 exemplaires pour ce deuxième volume, avec une mise en place de 55 000 exemplaires en librairie. « Cela nous laisse un talon de 30 000 pour assurer le réassort », précise à Livres Hebdo Benoît Cousin, éditeur du titre chez Glénat. La stratégie d'approvisionnement vise à éviter toute rupture de stock sur un titre à forte rotation.
Convergence de trois lectorats
Selon l’éditeur, le succès commercial s'explique par la convergence de trois publics distincts. Les amateurs de Milo Manara constituent le socle historique, tandis que l'éditeur a progressivement élargi l'audience au-delà du seul positionnement érotique de l'auteur. « Mon grand combat a été de faire sortir Manara de l'ornière du maître de l'érotisme, explique Benoît Cousin. La bascule s'est principalement faite avec Le Caravage », série lancée en 2015.
Le deuxième cercle regroupe les bédéphiles au sens large, sensibles à la reconstitution historique et à l'histoire de l'art, deux composantes majeures du travail de Milo Manara depuis Giuseppe Bergman. Le troisième public, potentiellement le plus large, rassemble les lecteurs du roman d'Umberto Eco (plusieurs millions d'exemplaires vendus, 43 langues) et les spectateurs du film de Jean-Jacques Annaud (1986).
Dispositif marketing multicanal et annulation du FIBD
L'éditeur a déployé un plan marketing articulé autour de plusieurs axes. Un partenariat avec France Inter génère une campagne radio, tandis qu'une opération d'affichage digital couvre une dizaine de grandes gares (Paris, Bordeaux, Lyon, Rennes, Lille…). En point de vente, une PLV en forme de tour octogonale de l'abbaye en flammes présente les deux tomes sur deux niveaux de rangement. Des opérations spécifiques avec les enseignes (Fnac, Cultura...) incluent des cadeaux offerts et de l'affichage digital dédié.
La sortie du 22 janvier était initialement conçue pour une présence de Milo Manara au Festival d'Angoulême. L'annulation du FIBD a conduit Glénat à réorienter le dispositif promotionnel vers une tournée de l'auteur en France la semaine prochaine, avec des rencontres-signatures à Paris et Lyon.
Particularités éditoriales
Contrairement aux habitudes de Milo Manara, dont la France constitue historiquement le premier marché devant l'Italie, l'initiative du Nom de la rose émane de La Nave di Teseo, maison d'édition pilotée par les héritiers d'Umberto Eco. La publication italienne est intervenue avant les fêtes de fin d'année 2025, suivie de l'édition française en janvier. Contrairement à l'essentiel de l’œuvre du dessinateur, Glénat détient cette fois uniquement les droits en langue française, les héritiers Eco conservant le pilotage des cessions internationales.
En France, Milo Manara a spécifiquement exigé que le titre paraisse chez Glénat, son éditeur principal depuis plusieurs années, alors que les droits littéraires du Nom de la rose appartiennent à Grasset. « Le bouclage a été un peu tendu, son éditeur italien tenait absolument à sortir le livre pour les fêtes », indique Benoît Cousin. L'auteur, âgé de 80 ans, ralentit le rythme de production. Il compte bien profiter de la fin du cycle du Nom de la rose pour souffler mais a déjà l’ambition de s’engager dans un nouveau projet. Il paraîtra chez Glénat, assure l’éditeur, sans calendrier précisé.
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