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Les oubliées du matrimoine artistique et littéraire : 10 icônes à redécouvrir

La flamme vaincue paraîtra en librairie le 28 mars 2024. - Photo Gallimard

Les oubliées du matrimoine artistique et littéraire : 10 icônes à redécouvrir

Elles font leur grand retour. Longtemps ignorées par l’histoire et les programmes scolaires, nombre d'écrivaines et artistes refleurissent ce printemps dans le catalogue des éditeurs. Focus sur 10 livres du matrimoine culturel à redécouvrir.

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Par Léa Boisset,
Créé le 28.02.2024 à 11h51 ,
Mis à jour le 29.02.2024 à 15h00

Dans le nouveau catalogue des éditions Gallimard, trois grandes figures délaissées refont surface en 2024. Celle de la scandaleuse poétesse lesbienne Marguerite Radclyffe-Hall, dont la maison ravive La flamme vaincue. Écrivaine aventureuse, elle a ébranlé la société britannique du début du XXe siècle à travers ses travestissements et sa vision du genre. Et le roman, prévu pour le 28 mars, illustre cet engagement : il met en scène une romance lesbienne entravée par la relation fusionnelle qu'entretient l'héroïne, Joan, à sa mère.  

Le 18 avril, Gallimard rend également sa couronne à Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, conteuse méconnue à l’œuvre connue de tous : La Belle et la Bête. Elle est en effet la première à avoir rédigé une version moderne de ce récit culte aux multiples adaptations.

Enfin, Le destin personnel et La belle épicière, deux nouvelles d’Elsa Triolet, seront réexhumées, également le 18 avril. Une façon d’honorer celle qui, habituellement réduite à la muse d’Aragon, est en réalité une autrice prolifique, à la carrière riche d’une trentaine d'ouvrages. Plus discrètement, les éditions Marguerite Waknine ont programmé pour le 19 avril Guêpier de diamants, un recueil des poèmes de Céline Arnauld. Écrivaine d’origine roumaine, elle est l’une des seules femmes ayant pris part au mouvement Dada avec Emmy Hennings et Sophie Taeuber.

La poètesse, l'artiste et la couturière

Côté BD, la dessinatrice Liuba Gabriele sublime l’histoire d’Emily Dickinson (Des ronds dans l’O éditions, février, 2024) dans de délicats dessins aux accents fauves. Publiée anonymement de son vivant, l'énigmatique poétesse américaine a aujourd’hui le vent en poupe : cette nouvelle parution intervient quatre ans après la distinction du livre de Dominique Fortier Les villes de papier, une vie d’Emily Dickinson (Grasset, 2020) par le prix Renaudot Essai 2020.

Casterman dédie également en avril une bande dessinée consacrée à une autre icône autodidacte, Niki de Saint Phalle : Le jardin des secrets. Une adaptation de Sandrine Martin et Dominique Osuch à dominante noir et blanc, dont les quelques aplats de couleurs rehaussent les détails symboliques de sa vie hors du commun.

Plus surprenant, Isomi Jingetsu brosse dans un manga le portrait d’une femme de robe : Rose Bertin, la couturière fatale (Michel Lafon, 14 mars), s’inspirant de l’histoire de la mythique couturière de la comtesse Jeanne du Barry. Bayard jeunesse rendra aussi accessible au jeune public la pionnière française du féminisme, dans La véritable histoire d’Olympe de Gouges de Pascale Bouchié, à paraître le 2 mai 2024.

Un féminisme venu d'Ailleurs

En matière d’essai, les éditeurs s’appliquent aussi à la diversité des figures mises en avant. Les éditions Des femmes – Antoinette Fouque s’attachent à une féministe d’Orient à travers le livre de Carmen Boustani May Ziadé, La passion d’écrire (juin 2024), pionnière et grande poétesse libano-égyptienne. À noter qu'un ouvrage paru le 1ᵉʳ mars aux éditions Hérodios a aussi rendu hommage à la vie de Lesley Blanch (Lesley Blanch : une femme, deux hommes) où l'autrice Georgia de Chamberet s'intéresse à ses amours : Romain Gary et le metteur en scène russe Komisarjevsky. Autant de pierres apportées à l'édifice du matrimoine dans les rayons des librairies. 

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