170 millions de livres noirs sont produits en France, mais la demande serait supérieure. « Aujourd'hui, on n'a plus la capacité industrielle d'imprimer la totalité de la production en France », déplore le directeur général de Normandie Roto Impression, Thibault Guillier. Le risque est de ne plus pouvoir imprimer de gros tirages en France d'ici cinq à dix ans. Et c'est toute la chaîne du livre qui tombera, car les délais d'impression et de réassort deviendront ingérables.
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La compression des prix imposés par les maisons d'édition et la réduction des tirages pénalisent les industriels qui ont des difficultés à racheter des machines de plus en plus spécialisées et coûteuses. Une rotative offset pour imprimer 4 000 à 100 000 exemplaires vaut des millions d'euros. Les imprimeurs conservent donc des machines dont l'entretien devient de plus en plus délicat.
Service d'urgence mutualisé
Parallèlement, les techniciens capables de les dépanner et les pièces deviennent rares. Pour toutes ces raisons, Pascal Bovéro, délégué général de l'Union nationale des industries de l'impression et de la communication (Uniic) et Hubert Pédurand, directeur technique de l'Uniic, ont imaginé Unicare, sorte de service d'urgence mutualisé entre les imprimeurs, qui formera un réseau de techniciens itinérants spécialisés dans la maintenance et le dépannage des presses offset et des machines de façonnage.
« On a la passion et le courage, mais ça ne suffit pas, précise Thibault Guillier. Pour tenir, on a besoin du soutien de nos clients, les éditeurs. » En novembre dernier, le Congrès de la filière graphique rassemblait 110 professionnels à l'hôtel de Massa. Choisir le siège de la Société des gens de lettres pour réunir les artisans de la fabrication est un symbole. L'industrie de l'imprimerie dépend de l'édition, autant que celle-ci dépend de celle-là.
