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Quatre histoires de best-sellers

Léna Situations, Gael Faye, Aurélie Valogne, Matin Brun

Quatre histoires de best-sellers

Léna Situations, Gaël Faye, Aurélie Valognes ou Matin Brun... ces quatre ouvrages ont rapidement acquis le statut de best-sellers. Retour sur ces quatre histoires hors du commun.

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Par Marine Durand,
Créé le 06.02.2021 à 13h09,
Mis à jour le 08.02.2021 à 21h32

Léna Situations : Des followers en librairie

Entrée quasiment par effraction dans les palmarès des meilleures ventes à l’automne, et 17e de notre top 50 annuel avec le livre de développement personnel Toujours plus (Robert Laffont), la youtubeuse Léna Situations était une inconnue pour nombre d’acteurs du livre. « Pas pour son énorme communauté, qui est très proche d’elle et commente ses posts ou échange avec elle, en plus de suivre ses vidéos », décrypte son éditrice, Aurélie Ouazan. L’accès à des médias plus traditionnels au moment de la promo lui a aussi permis de toucher un public plus large que ses followers, analyse-t-elle. Avec 270000 ventes cumulées pour la première édition et l’édition collector, l’influenceuse mode, beauté et bien-être de 23 ans s’impose comme la surprise éditoriale de l’année, cinq ans après le carton de #EnjoyMarie, de la youtubeuse Marie Lopez.  « Le snobisme du milieu que l’on avait ressenti face à #EnjoyMarie n’existe plus, note Sophie Charnavel, directrice de Robert Laffont. Léna Situations a amené beaucoup de jeunes en librairie. »

Gaël Faye : précédé par le buzz

Il est rarement évident de défendre un premier roman. « Alors quand un titre arrive en librairie déjà précédé d’un run des éditeurs internationaux, on savoure », sourit Heidi Warneke. Pour Petit pays (2016), du rappeur Gaël Faye, « il s’est passé quelque chose de particulier, je l’ai senti dès les envois aux scouts », se souvient la directrice des cessions de droits de Grasset. Très vite les premières offres arrivent dans les grandes langues européennes, pour ce livre partiellement autobiographique sur la guerre civile au Burundi. Le service commercial communique sur ces cessions, l’effet domino joue à plein jusqu’à atteindre 18 cessions à l’été, et le charme de l’auteur fait le reste pendant la présentation de la rentrée Grasset aux libraires, lorsqu’il entame un slam au lieu de raconter son roman. Lancé en musique, Petit pays terminera la saison en fanfare, bardé de prix (Prix du roman Fnac, Goncourt des lycéens) et vendu à 280000 exemplaires en quatre mois.

Aurélie Valognes : elle a fait un roman toute seule

L’histoire a maintes fois été racontée, mais garde toute son insolence. Après avoir essuyé plusieurs refus d’éditeurs, Aurélie Valognes, qui s’est essayée à l’écriture après un déménagement à Milan publie Mémé dans les orties sur la plateforme Kindle d’Amazon. Propulsée dans le top des ventes en moins d’une semaine, elle est repérée par Michel Lafon qui lui fait signer son premier contrat, tout en gardant la fameuse couverture vichy. « C’est le passage au Livre de poche qui a vraiment fait décoller les ventes », retrace Katy Fenech, la directrice commerciale de Fayard, maison qui accueille Aurélie Valognes depuis son troisième roman, Minute, papillon !, en 2017. « Ensuite, nous les avons multipliées par trois à chaque ouvrage, et Aurélie figure chaque année dans le top 10 des auteurs préférés des Français. » Elle est aussi 13e du Top 50 GfK/Livres Hebdo des meilleures ventes de 2020, quelques rangs devant Agnès Martin-Lugand, autre reine du roman populaire révélée par l’autoédition.

Matin Brun : engage dans la durée

Un petit éditeur de poésie (Cheyne), publie un jour de décembre 1998 une nouvelle militante (Matin Brun), écrite par un auteur de polars (Franck Pavloff) et vendue à tout petit prix (l’équivalent d’un euro). L’histoire de Matin Brun aurait pu s’arrêter là, après un honnête tirage de 10000 exemplaires écoulé en près d’un an. Mais vient le choc du second tour de la présidentielle de 2002. L’éditeur Jean-François Manier renvoie quelques services de presse, et les ventes s’emballent, pour ne jamais réellement s’arrêter. « On a fêté les deux millions d’exemplaires en mars 2020, avec une édition spéciale », indique Benoît Reiss, le codirecteur de la maison, qui s’assure avec ce long-seller 30000 à 40000 ventes annuelles, surtout à la rentrée scolaire. Avec un paradoxe : « Les enseignants s’en servent pour provoquer le débat en classe, mais c’est aussi un livre qui marche quand la société ne va pas très bien », observe Benoît Reiss, pointant un léger pic de ventes au moment de l’assassinat de Samuel Paty.

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