"Querelle" de Kevin Lambert chez Le Nouvel Attila | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 20.08.2019 à 10h00 Un premier roman par jour

"Querelle" de Kevin Lambert chez Le Nouvel Attila

Kevin Lambert - Photo DR/NOUVEL ATTILA

Pendant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée 2019. Avec Querelle, publié par Le Nouvel Attila, Kevin Lambert décrit un conflit social dans un monde en mutation, où les délaissés et les marginaux sont mis à l'écart.

"Ils sont beaux tous les garçons qui entrent dans la chambre de Querelle, qui font la queue pour se faire enculer, il les enfile sur un collier, le beau collier de jeunes garçons qu'il porte à son cou comme nos prêtres portent leurs chapelets ou nos patronnes leurs colliers de perles." Voilà comme Kevin Lambert introduit sa "fiction syndicale", Querelle, que Le Nouvel Attila publie le 23 août. Le jeune écrivain québécois dresse ainsi trois tableaux: le portrait "en amour" d'un jeune homme sublime, irrésistible, ouvrier, solitaire, homosexuel, actif et dominant ; le paysage d'une région, celle du Lac Sain-Jean, province oubliée par les élites, sauf pour y acquérir de vastes résidences de vacances, vivant de son bois et souffrant de la concurrence mondiale ; et la fresque d'un conflit social dur entre un patron capitaliste et des ouvriers syndiqués sans acquis, amenant son lot de coups bas et de drames.

Ce premier roman aux allures d'un film de Ken Loach porte le prénom de l'objet de fantasme de l'auteur (hommage à Genet comme à Fassbinder), mais il s'agit avant tout d'un roman choral et coloré où l'on vit les angoisses, les peurs, les déboires de Judith, Jézabel, Bertrand, Jacques, etc... avec ses accents joual et un parler crû. Dans son avant-critique, parue dans Livres Hebdo le 7 juin, Sean James Rose écrit : "Kevin Lambert nous plonge dans un univers de contestations sociales, la version québecoise des « gilets jaunes », avec tout ce qu'il y a parfois d'ambiguïté dans ces expressions de désarroi - un monde déliquescent face à la mondialisation ultralibérale et la fin programmée des ressources naturelles."

Le roman a été sélectionné pour le prix Sade et pour le prix littéraire du Monde. Il a été finaliste du Prix des librairies du Québec.

A 27 ans Kevin Lambert, est né à Chicoutimi, pas très loin de Roberval, où se déroule l'action de son livre. Il s'agit de son premier roman publié en France.
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