Prix unique du livre (3/8)

40 ans de la Loi Lang: trois libraires jugent le Prix unique en 2021 (et après)

Olivier L'Hostis, librairie L'Esperluette, à Chartres. - Photo DR

40 ans de la Loi Lang: trois libraires jugent le Prix unique en 2021 (et après)

La Loi Lang est une bulle de tranquillité précieuse mais...

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Par Cécile Charonnat,
Créé le 20.04.2021 à 11h00,
Mis à jour le 20.04.2021 à 11h32

Olivier L'Hostis - Librairie L'Esperluette à Chartes

« La loi Lang a largement fait la preuve de son efficacité en assurant la vitalité de la création éditoriale grâce au développement d'un réseau dense et varié de points de vente. Mais, par un effet simplificateur, elle s'est transformée dans les esprits en un régime de défense de la librairie indépendante qui empêcherait la grande distribution de faire ce qu'elle sait le mieux faire : des prix bas. Pour rétablir la vérité historique et prévenir de nouvelles attaques, il nous faut donc sans cesse rappeler ce qu'enseignait Pierre Descomps, l'un des dirigeants emblématiques de Sauramps : « Le libraire ne doit pas bénéficier de la loi Lang, il doit la justifier par son travail. » Ce qui signifie que la loi Lang n'est pas faite pour le libraire mais qu'elle passe par lui. La nuance est de taille. »

Amanda Spiegel, Folies d'encre,
à Montreuil. - Photo OLIVIER DION

Amanda Spiegel - Folies d'encre à Montreuil

« En réorientant la concurrence sur autre chose que le prix, la loi Lang a poussé les libraires à développer bien d'autres compétences, les conduisant à professionnaliser et à moderniser leurs commerces afin d'assurer la mission de qualité qui leur est confiée. En cela, elle est inestimable. Mais aujourd'hui, cette mission est clairement menacée. La librairie n'a plus les moyens de rémunérer ni la compétence de ses salariés, ni les investissements dans l'animation et l'aménagement. Or, qui possède les clés de cette rémunération ? Les éditeurs. Depuis 1981, ce sont eux qui, en fixant le prix des livres, déterminent l'assiette de rémunération de la chaîne. Il est donc urgent qu'à nouveau ils se mobilisent collectivement pour défendre l'écosystème du livre, avec, pourquoi pas, l'inscription dans la loi Lang du principe d'une remise plancher. »

Matthieu de Montchalin, L'Armitière à Rouen et ancien président du SLF. - Photo OLIVIER DION

Matthieu de Montchalin - L'Armitière à Rouen et ancien président du SLF

« L'un des grands mérites de la loi Lang est d'avoir placé la filière du livre dans une bulle de quasi-tranquillité. C'est unique et très précieux. Pour que cela perdure, il revient aux libraires, et en particulier à cette jeune génération qui s'empare des manettes, de s'inspirer de ce cadre pour moderniser davantage le métier. C'est en inventant la vente du livre du XXIe siècle que les libraires préserveront la loi Lang et seront capables de la défendre contre de nouvelles attaques. Et cela peut passer par de nombreuses voies telles la relation client, l'utilisation des outils technologiques pour améliorer le dialogue avec les lecteurs, la réflexion sur l'occasion et le streaming pour le livre audio ou s'inspirer de ce que nos confrères mettent en place dans les pays où le prix unique n'est pas institué. »


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