Béatrice Ottersbach : “comment ça se passe un déconfinement ?” | Livres Hebdo

Par Michel Puche, le 02.04.2020 à 18h00 Journal du confinement

Béatrice Ottersbach : “comment ça se passe un déconfinement ?”

Emmanuelle Grangé, debout, Béatrice Ottersbach, assise - Photo DR.

Quinzième  épisode du « Journal du confinement » de Livres Hebdo, rédigé à tour de rôle par différents professionnels du livre. Aujourd'hui Béatrice Ottersbach, organisatrice du festival Les plumes de Léon, à Saint-Léon-sur-Vézère.

« Je suis confinée à Saint-Léon-sur-Vézère, un petit village en Périgord – ou plus précisément, j’y coconfine avec l’auteure en résidence Emmanuelle Grangé. Nous sommes toutes les deux loin de nos proches et resterons sans aucun doute liées par cette violente parenthèse.

Le mois de mars promettait d’être un mois productif pour Les plumes de Léon, l’association que je préside, qui a pour vocation de promouvoir la littérature contemporaine en Dordogne. Les fastidieux budgets et dossiers de subventions étaient enfin clos. Deux auteurs devaient arriver le 1er mars pour les résidences d’auteur bilingues que nous proposons deux fois par an. L’auteur allemand ayant annulé sa venue en raison d’une malheureuse chute, l’auteure française Emmanuelle Grangé est donc arrivée seule à Saint-Léon. Lauréate d’une bourse de la Drac Nouvelle-Aquitaine, l’auteure de Les amers remarquables (Arléa) (1) avait préparé un beau programme de médiation avec des ateliers d’écriture pour grands et petits.

Une autre notion du temps

Le 11 mars, lors de l’ouverture de résidence, nous savions déjà qu’il ne fallait plus se serrer la main ou s’embrasser, mais nous avons allégrement présenté le programme de médiation. A cette occasion, nous avons aussi rappelé que l’auteur japonais de langue française Akira Mizubayashi viendrait nous parler lors d’une rencontre littéraire, le 21 mars, de son roman Âme brisée (Gallimard).

Nous avons bien sûr annulé et reporté à l’automne la rencontre avec Akira Mizubayashi. Idem pour les divers ateliers d’écriture avec Emmanuelle qui – une fois repartie – reviendra en Dordogne pour enfin échanger avec les lecteurs. Entre deux rencontres, je devais me rendre en Allemagne pour assister au festival littéraire international Lit.Cologne, un des plus grands festivals littéraires Outre-Rhin, et dans la foulée parler coopération. Evidement, le festival n’a pas eu lieu.

A la mi-mars, la maquette du flyer de la seconde édition du festival littéraire Les plumes de Léon était presque achevée. Puis, un des six auteurs participant au festival a annulé sa venue – pour cause de coronavirus. J’ai été très surprise. Nous ne parlions pas encore de confinement et il nous restait quand même trois mois et demi pour que la situation se calme. Mais là, deux semaines plus tard, nous n’avons en effet plus la même notion du temps. Nos repaires deviennent flous.

« Confinés dans des cartons »

Le festival littéraire Les plumes de Léon devrait avoir lieu du 26 au 28 juin dans les hauts lieux du patrimoine du Périgord : Lascaux IV, La Madeleine, les châteaux de Losse et de La Faye. Le thème « Mouvances » s’est transformé en singulière ironie en cette année de confinement... Au programme : Loren Capelli, Laurent Binet, Salomé Berlemont-Gilles, Roland Buti et Hélène Gestern. Cette dernière devrait nous parler de son livre Armen qui vient de paraître ces jours-ci, sans vraiment paraître, confiné dans des cartons. Les festivaliers – si festival il y a – le découvriront plus ou moins sur place.

Mais où en serons-nous fin juin et que serons-nous devenus après ces semaines d’isolement, de diffusion en boucle de nombres de malades et de décès, d’inquiétudes pour nos proches ou voisins, de spectre de 1929 ? Et puis, comment ça se passe un déconfinement ? »

(1) Voir l'avant-critique parue dans Livres Hebdo du 19 avril 2019.

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