Des assises de la littérature jeunesse pour une meilleure reconnaissance | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 07.10.2019 à 23h02 (mis à jour le 08.10.2019 à 00h01) jeunesse

Des assises de la littérature jeunesse pour une meilleure reconnaissance

Photo CLAUDE COMBET / LH

Organisé par le SNE et la BNF, les secondes assises de la littérature jeunesse ont montré que les problématiques du secteur – surproduction, formation, rémunération des auteurs – restaient des enjeux cruciaux.

"Rien n’a plus de valeur qu’un livre. Nous faisons des efforts pour être présents – assises, émission télévisée, prix Vendredi, salons – et pour préserver notre métier" a déclaré Thierry Magnier, président du groupe jeunesse du SNE, en ouverture des 2es assises de la littérature jeunesse le 7 octobre à la BNF. Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour cette journée organisée par le groupe jeunesse du Syndicat national de l’édition et le Centre national de littérature jeunesse de la Bibliothèque nationale de France avec le soutien de la Sofia, sur le thème "Quelle (re)connaissance, pour quelle vitalité ?", ouverte par Laurence Engel, présidente de la BNF et Vincent Montagne, président du SNE.
 
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Nicolas Georges, directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture, a donné le ton de la journée, annonçant que Bruno Racine, missionné par le ministre de la Culture Franck Riester, devrait remettre fin novembre son rapport sur les conditions économiques et sociales des créateurs. "Nous avons conscience du malaise des auteurs jeunesse que nous nous attachons à comprendre et à traiter", a-t-il affirmé, soulignant des avancées significatives comme la prise en charge de la part patronale de la retraite par l’Etat, et le paiement des interventions en milieu scolaire.

Sur le même sujet, la table ronde "La création jeunesse : quelle valeur ? quelle reconnaissance ?" était la plus attendue. Si Guillaume Nail, auteur et président de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse a bien posé la question : "pourquoi la littérature jeunesse est-elle moins rémunérée, moins valorisée ?", il n’a pas été donné de réponses, mais on a pu entendre quelques idées comme la participation dans les salons, lancer une campagne nationale et faire connaître localement toutes les initiatives, pour rendre la littérature jeunesse plus visible.  
 
Photo CLAUDE COMBET / LH
Les deux autres tables rondes ont abordé la surproduction et la formation. "Nous prenons la surproduction très au sérieux car elle fragilise autant les auteurs et les éditeurs que les libraires. Mais elle vient aussi de la vitalité du secteur" a souligné Marion Jablonski, directrice d’Albin Michel Jeunesse, qui a ajouté : "aucun éditeur ne publie des livres auxquels il ne croit pas". Tandis que Laurence Tutello, de la librairie Le chat pitre, précisait : "être libraire, c’est choisir", réfutant l'idée de librairies uniformisées.

A travers les témoignages de Nathalie Marquis, professeure des écoles, Caroline Menoury, de la librairie Coiffard, et Matthias Hérodin, de la bibliothèque Assia Djebar, tous trois formés sur le tas, ont pointé le manque cruel de formation et de connaissance de la littérature jeunesse. 

La conférence introductive et brillante de Philippe Merieu, "Littérature jeunesse, un enjeu éducatif et un enjeu culturel" a été très applaudie par le public, comme la lecture de L’aube sera grandiose, prix Vendredi 2018, par son auteure, Anne-Laure Bondoux. Tandis que les illustrations en direct de Magali Le Huche et de Thomas Baas, ont apporté la touche d’humour dans une journée où chacun a eu conscience qu’il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir pour conquérir cette reconnaissance.  
 
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