Disparition de Leonard Cohen, poète, romancier et chanteur | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, avec afp, electre, le 11.11.2016 à 10h11 (mis à jour le 11.11.2016 à 12h00) - 1 commentaire Légende

Disparition de Leonard Cohen, poète, romancier et chanteur

Leonard Cohen en tournée en 2008

Le Canadien Leonard Cohen, légende de la chanson, poète reconnu et romancier, est mort cette nuit à l'âge de 82 ans.

Le musicien et poète canadien Leonard Cohen est décédé, jeudi 10 novembre, à l'âge de 82 ans. Légende de la chanson, romantique et sombre, il était considéré comme l’un des grands poètes de ces cinquante dernières années. Son œuvre poétique a été récompensée par le prestigieux Prix Princesse des Asturies des Lettres en 2011.

"C'est avec une profonde tristesse que nous faisons part du décès du poète, compositeur et artiste légendaire Leonard Cohen", a annoncé jeudi soir son agent.  "Leonard, les sentiments et les sons qui émanaient dee ta poésie et de ta musique n’étaient comme ceux de nul autre artiste", a salué le Premier ministre canadien Justin Trudeau qui a ajouté : "affectueusement de lui pour sa voix profonde, son humour teinté d’autodérision et les paroles qui ont rendu ses chansons indémodables pour de si nombreuses générations. "

Montréal en deuil

Dès l'annonce de son décès, plusieurs dizaines de fans ont convergé dans la nuit de jeudi à vendredi devant la résidence de Leonard Cohen dans le quartier du Plateau, à Montréal, ville qui l'a vu naître le 21 septembre 1934. La ville a annoncé la mise en berne des drapeaux de la mairie.

"Leonard Cohen était un musicien sans égal, dont l'œuvre époustouflante et originale avait touché des générations de fans et d'artistes", a indiqué sa maison de disques, Sony Music.

A partir de 1967, Leonard Cohen a composé certains des hymnes les plus envoûtants et mélancoliques des dernières décennies tels SuzanneSo Long MarianneThe PartisanSeems so long ago NancyStory of Isaac ou Bird on the Wire.

Le chanteur avait disparu de la scène dans les années 1990, préférant se réfugier dans le bouddhisme, devenant même moine en 1996.  Durant douze ans, il préfère se consacrer à la poésie, son art originel, plutôt qu'à la musique.

Avant la chanson, la poésie et le roman

Poète, avant de devenir musicien, Leonard Cohen a commencé à écrire en 1956. En 1951 il avait gagné le concours de l’Université McGill, la Chester MacNaghten Literary Competition. Il a publié de nombreux recueils : Let Us Compare MythologiesThe Spice-Box of EarthFlowers for HitlerParasites of Heaven, Selected Poems 1956–1968 traduit en France en 1972 sous le titre Poèmes et chansons… Certains livres associent poésie et prose comme L’Energie des esclaves, Mort d’un séducteur (Bourgois), Le livre de miséricorde, Le livre du désir (accompagné de dessins, au Cherche-Midi et chez Points). Dans Etrange musique étrangère (L'Hexagone), Cohen mélange des poèmes choisis et des textes de chansons.

Il a également écrit deux romans chez Bourgois: Jeux de dames (The Favorite Game), paru en 1963, traduit en France en 1971 et réédité en 2002, roman autobiographique d’un jeune homme qui trouve sa place dans le monde grâce à l’écriture, et Les perdants magnifiques (Beautiful Losers), publié en 1966, traduit en 1972, qui avait choqué à cause de scènes sexuelles assez crues.

Comme tout monstre sacré, il avait également fait l’objet de biographies : Leonard Cohen par Gilles Tordjman (Cator Astral, 2006), Leonard Cohen : Canadien errant de Viviane Gracey (Le mot et le reste, 2013), Leonard Cohen, l’homme qui voyait tomber les anges de Christophe Lebold (Camion blanc, 2013), Leonard Cohen par lui-même de Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal (Cherche-Midi, 2014) et Leonard Cohen : le chant d’une vie d’Harry Rasky (Balland, 2016). Ajoutons à cette bibliographie le beau livre illustré paru dans la collection « Art » de La Martinière, Leonard Cohen : everybody knows, d’Harvey Kubernik (2014)

Un ultime album

Depuis 2008, il effectuait des tournées mondiales à guichet fermé. Il venait de fêter ses 82 ans avec un nouvel album, You Want it Darker, dans lequel la mort planait. Après la disparition en juillet de sa muse Marianne Ihlen, amoureuse devenue célèbre dans sa chanson So Long Marianne, il avait écrit : "Je pense que je te suivrai bientôt".

Il était distingué par les deux plus grands honneurs canadien et québécois : Compagnon de l’ordre du Canada et Grand Officier de l’Ordre du Québec. Il avait refusé en 1968 le Prix du Gouverneur général du Canada.

Auteur cité (1)

Commentaire récent

“ La musique chez Monsieur Cohen, était comme chez nul autre, un support pour les mots, il a su si bien mettre les notes au service de ses écrits. Son timbre particulier, grave et envoûtant m'a tou... ” Muriel Jost il y a 2 ans à 10 h 00
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