Entretien

Dominique Auer: "Certaines bibliothèques se sont mises à proposer des playlists"

Dominique Auer

Dominique Auer: "Certaines bibliothèques se sont mises à proposer des playlists"

Comment présenter leur mission auprès des politiques, atteindre le public via les outils numériques, préserver une forme de convivialité malgré la distance ? Voici quelques unes des questions auxquelles tentent de répondre les professionnels de l'information musicale, lors du congrès annuel de l'Acim qui s'ouvre ce 15 mars. Interview de son Président, Dominique Auer.

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avec Fanny Guyomard,
Créé le 12.03.2021 à 15h23,
Mis à jour le 12.03.2021 à 16h00

"Accueil, marketing, advocacy : la bibliothèque musicale transmet ses valeurs et construit sa communication."  C’est l’ample programme du Congrès de l'Acim (Association pour la coopération des professionnels de l'information musicale), qui se tient en ligne ces 15 et 16 mars. Dominique Auer, son président, nous explique les enjeux de la rencontre.

Pourquoi la bibliothèque musicale doit-elle apprendre à communiquer sur ses valeurs ?
Ces dernières années, le monde des bibliothèques musicales a été chamboulé par l'arrivée du numérique et l'explosion du streaming, qui amène parfois à se faire de fausses idées : croire qu’il faut supprimer les collections physiques dans les bibliothèques. Or, on pense qu’il faut continuer à en proposer. Peut-être moins. Et faire de la place à des studios d’enregistrements ou à des espaces d’écoute de CD ou de vinyles que les usagers ne peuvent plus ou pas écouter dans leur voiture ou chez eux. L’idée, pour les bibliothèques, est donc de savoir expliquer ce phénomène aux élus et aux tutelles en charge du budget. 

Vous réfléchissez également sur la communication auprès du public : quels sont les défis à relever ?
Au-delà de l’aménagement des espaces, on se penche sur la recommandation musicale, in situ ou en numérique. Le public a tendance à aller vers la facilité (le “robinet” Youtube), alors qu’il pourrait profiter du travail de sélection du médiateur. Les bibliothèques doivent donc s’approprier les ressources numériques, pour mieux les promouvoir. Cela pose la question de la formation, initiale ou continue, où l’ACIM essaie d’être force de proposition - la formation était la thématique du congrès de 2019.

Celui de 2020 n’a pas eu lieu en raison du Covid, qui s’invite d’ailleurs à une table ronde : comment les bibliothèques musicales vivent-elles la crise sanitaire ?
Des animations sont annulées en raison des jauges de visiteurs, et les équipements mis à disposition du public sont inutilisables — difficile de jouer de la trompette avec un masque ! On constate aussi qu’un cap a été franchi dans la médiation numérique : certaines bibliothèques se sont mises à proposer des playlists. On organise d’ailleurs pour la première fois une session de questions-réponses avec la Sacem, qui permet de répondre aux interrogations des bibliothécaires musicaux : si je diffuse une playlist sur ma page Facebook ou la chaîne Youtube de ma médiathèque, suis-je au clair avec les droits d’auteur ? Il reste des places à l’atelier !

Organiser ce congrès numérique vous amène aussi à réfléchir de manière inédite à la convivialité en ligne : quelle forme prend-elle ?
La scène ouverte sera cette fois en live, animée par deux collègues DJ de Dragignan. Nous testons sinon un blind test musical sur différentes thématiques (comme le « girl power »), animé par deux collègues de la bibliothèque de Limoges. Et en partenariat avec Images de la Culture, du CNC, on donne la possibilité de regarder pendant une semaine une dizaine de films documentaires musicaux, depuis chez soi.


 

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