"Comment tout a commencé" de Philippe Joanny chez Grasset | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 24.12.2018 à 10h31 (mis à jour le 24.12.2018 à 11h00) Un premier roman par jour

"Comment tout a commencé" de Philippe Joanny chez Grasset

Philippe Joanny - Photo PHILIPPE MATSAS / GRASSET

Pour la période des fêtes, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée d’hiver. Comment tout a commencé de Philippe Joanny, à paraitre le 16 janvier 2019 chez Grasset, retrace une jeunesse à la marge de la société au tournant des années 1980.
 

« Un mercredi de septembre, à l’heure du déjeuner, la police vient chercher sa mère. Il la voit monter dans le panier à salade. Embarquée pour proxénétisme. »  Ainsi s’amorce la vie du narrateur dans Comment tout a commencé, premier roman de Philippe Joanny que Grasset publiera le 16 janvier.
 
Ce roman d’apprentissage, qui débute rue d’Austerlitz, dans un hôtel de passage, au contact des voyageurs d’ailleurs et des prostituées du quartier, relate la mue, les rêves et les désillusions du jeune narrateur à la fin des années Giscard et au début de l’ère mitterrandienne, à travers ses premiers émois et ses frustrations, « la haine de soi et la folle espérance de l'autre » comme l’écrit Sean James Rose dans son avant-critique parue le 7 décembre.
 
C’est l’époque où le sida est appelé « cancer homosexuel », où le Front national va gangréner l’opinion. Portant un regard doux-amer et lucide sur ces souvenirs d’outre-temps, l'auteur traduit l'étouffement et les angoisses de ce jeune homme en devenir. « Il redoute de ressembler à son père », il danse sur les « tubes de Duran Duran, Wham ! et Dead or Alive », se réfugie dans les livres et la musique. Le garçon est « mort de trouille » quand il est au contact du corps d’un autre.
 
« Au naturalisme des dialogues l'auteur mêle savamment les fantasmes du héros. Et possède aussi cette épatante façon, singulière, lapidaire, de mettre en exergue toute la solitude d'une adolescence en marge » évoque Sean James Rose à propos de ce style parigot qui rappellera aussi bien Pennac que Despentes.
 
Philippe Joanny est l’auteur d'une « tragédie burlesque », Le dindon, dans la collection dirigée par son ami Guillaume Dustan chez Balland (1999, disponible aujourd’hui en format numérique sur Fenixx). Il a cofondé la revue queer parisienne Monstre.
 
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