Francfort 2021

Juergen Boos: "Nous restons le reflet de l'édition mondiale"

Juergen Boos - Photo MARC JACQUEMIN / FOIRE DE FRANCFORT

Juergen Boos: "Nous restons le reflet de l'édition mondiale"

Le directeur de la Foire internationale du livre de Francfort tire le bilan de cette édition particulière, la première "post-covid", marquée par l'absence des grands groupes anglosaxons. 

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Par Isabel Contreras,
à Francfort,
Créé le 22.10.2021 à 16h21,
Mis à jour le 22.10.2021 à 17h00

Cette année, l’absence de plusieurs éditeurs allemands importants a été remarquée. Que s’est-il passé ?
Cette impression est fausse. La plupart sont ici, soit 90% d’entre eux. J'ai entendu dire que Fischer Verlag était absent mais c'est faux aussi, vous retrouverez son stand dans le hall 3... En revanche, les éditeurs allemands ont effectivement découragé leurs collaborateurs de venir en raison de la crise sanitaire. Beaucoup de personnes ne sont pas encore vaccinées en Allemagne.

La crise sanitaire, a-t-elle eu des conséquences pour l'organisation de la Foire ?
Nous avons perdu environ 15 millions d'euros. Cela nous a obligé à réduire d’un tiers nos effectifs. Nous avons été obligés de fermer nos bureaux de New York et New Delhi mais avons réussi à garder Moscou et Pékin grâce à notre partenariat avec le Gœthe Institute.

Êtes-vous donc en train de réfléchir un nouveau modèle économique pour la Foire ?
Cette année, nous avons accueilli un tiers des stands présents en 2019, date à laquelle nous avions organisé notre dernière édition avant l'irruption du Covid. Nous avons 2000 stands de 80 pays et la plupart se sont décidés à venir à la dernière minute en raison des nombreuses restrictions sanitaires. Les Turcs, par exemple, ont annulé leur participation il y a 15 jours car ils n'ont pas réussi à obtenir de visa. Mais des discussions sont déjà en cours avec les grands groupes d'édition à propos de leur présence l'année prochaine. Et je peux déjà vous assurer que les Allemands seront au rendez-vous.

En réalité, je pense que certaines formules qui ont vu le jour cette année pourraient se perpétuer. Comme les stands collectifs. Regardez la France avec son grand stand du Bureau international de l'édition française: son directeur, Nicolas Roche, nous a fait part de la satisfaction générale des éditeurs français qui y ont participé. Les Espagnols sont eux aussi satisfaits de leur stand collectif et je pense qu'ils seront encore plus nombreux l'an prochain puisqu'ils sont les invités d'honneur. Pareil pour l'Italie, invitée en 2024, qui dès l'année prochaine renforcera sa présence dans la Foire. D'autres ont réduit la taille de leur stand. La Foire sera désormais plus internationale. Plus tournée vers la qualité au détriment de la quantité.

Mais qu'en est-il des Américains ? Les voyez-vous reprendre l'an prochain leurs gigantesques stands ?
Je pense que les Américains vont revenir, oui. Je vois deux tendances dans le modèle des stands. Des géants comme Penguin Random House souhaitent aujourd'hui capter mieux l’attention des lecteurs en plaçant une scène au milieu du stand. Tandis que d'autres, comme Holtzbrinck, continuent d’exposer tout simplement leurs différentes marques. Je pense que la première tendance va l'emporter sur la deuxième.

Allez-vous réfléchir à un nouvelle baisse des tarifs en fonction des m2 réservés ?
Cela va dépendre des subventions que nous obtiendrons, ou pas, du gouvernement l’an prochain. Mais vous le savez, nous sommes en pleine année électorale et nous n’avons pas encore de gouvernement. Par ailleurs, je tiens à rappeler que nous avons déjà un système tarifaire qui permet de payer moins en fonction du nombre de m2 réservés.
Nous faisons face aux mêmes défis que le monde de l’édition. La Foire, va-t-elle embrasser progressivement une dimension plus événementielle ? Va-t-elle se politiser encore si elle devient de plus en plus internationale ? Nous restons le reflet de l’édition mondiale. C’est ici que vous verrez à quoi ressemble une fusion entre Hachette et Editis, si elle a lieu, mais aussi un stand de Penguin Random House avec, pour la première fois, Simon and Schuster.

Le Canada est le pays invité cette année, quel bilan tirez-vous de leur expérience ?
Ils sont assez satisfaits car ils ont eu une année supplémentaire pour préparer leur présence à la Foire.  Ils ont mis en place un programme numérique très puissant et d’après les premiers retours, tout s’est très bien passé.

Cette année, éditeurs comme journalistes se sont plaints du nouveau système de billetterie. Allez-vous le maintenir l’an prochain ?
Effectivement, cela a été un désastre et on l’a compris, nous allons réfléchir à une alternative pour l’an prochain.





 

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