Un premier roman par jour

Olivier Rogez, "L’ivresse du sergent Dida" aux éditions Le Passage

Olivier Rogez - Photo DR/LE PASSAGE

Olivier Rogez, "L’ivresse du sergent Dida" aux éditions Le Passage

Durant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée littéraire 2017. Aujourd’hui, L’ivresse du sergent Dida d'Olivier Rogez (Le Passage).

Par Léopoldine Leblanc,
Créé le 06.07.2017 à 14h29,
Mis à jour le 12.07.2017 à 16h48

Le premier roman d’Olivier Rogez, à paraître le 31 août aux éditions Le Passage, raconte la fulgurante ascension d’un jeune sergent en une narration incarnée et sensorielle. Il se déroule en Afrique de l’Ouest, dans un pays qui s’effondre et où l’ambiance est électrique.

Le roman prend comme point de départ un personnage qui n’a plus rien à perdre, et débute ainsi : "Le sergent Dida n’avait jamais rencontré sa bonne étoile, aussi ne levait-il plus les yeux au ciel." Après avoir croisé la route de l'exubérant colonel Zoumana, le sergent Dida monte immédiatement en grade, récompensé pour son audace. Et alors que la junte l’accompagne au pouvoir en se comportant de façon prédatrice, le soldat est de plus en plus assailli de doutes, au point de se découvrir une âme de révolutionnaire.


Du journalisme à la fiction

Grand reporter pour Radio France International, Oliver Rogez a couvert de nombreux conflits, notamment en Afrique et en Europe. Interrogé par Livres Hebdo sur son projet littéraire, le primo-romancier revient sur "la grande difficulté" qu'il a eu à "passer de l'écriture très réelle du journalisme à l’écriture romancée". Pour son premier roman, inspiré de ses voyages et reportages, il s’est attaché à retranscrire "cette ambiance très particulière que l’on retrouve dans les pays où l’histoire bascule. J’ai vécu cette situation en Russie au début des années 1990, dans les Balkans et aussi en Afrique dans plusieurs pays", se souvient-il. A travers les doutes et réflexions du sergent Dida, "il y a la métaphore de cette Afrique qui est en train de se réinventer, de surmonter les handicaps posés par l’histoire et la colonisation pour s’approprier le discours sur son avenir", précise l’auteur. L’écriture romancée lui permet alors d’explorer en détails "ces moments-clés où un pays s’effondre et où un homme, ou un groupe d’homme, se lève et prend le pouvoir".


Vision moderne de l'Afrique

Pour la couverture du livre, Olivier Rogez a fait appel à l’artiste kenyan Evans Mbugua, installé à Paris. "Nous nous sommes rencontrés il y a un an et demi dans une galerie où je l’interviewais justement sur son travail, raconte l’auteur. Nous avons sympathisé et, quand j’ai terminé le roman, j’ai immédiatement pensé à lui. Il a une vision très moderne de l’Afrique et c’est aussi cette vision que je voulais faire transparaître dans mon livre."
 
Graphiste de formation, le jeune plasticien est connu pour ses portraits colorés peints en pointillés sur fond de tissus, dont il crée lui-même les motifs. La technique qu’il a inventée suppose de peindre sur une plaque de plexiglass posée sur le tissu. "Ça donne cet effet de transparence très étonnant", commente Olivier Rogez.

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