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Podcasts : le nouveau pouvoir des communautés

« Bookmakers »
de Richard Gaitet (Arte Radio), nous ouvre les coulisses
de la création littéraire et donne la parole à un écrivain sur trois épisodes. - Photo DR

Podcasts : le nouveau pouvoir des communautés

Ils ont généralement une petite diffusion mais ils parlent à 100% de leurs auditeurs. Les podcasts natifs s'insèrent peu à peu dans les plans de promotion du livre.

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Par Marine Durand,
Créé le 07.06.2021 à 09h45,
Mis à jour le 07.06.2021 à 18h00

Révélation de la dernière rentrée littéraire et lauréate du prix du Premier roman Les Inrockuptibles, Fatima Daas,25 ans, dépasse désormais les 30 000 ventes (source GfK) avec son premier roman, La petite dernière, paru en août chez Noir sur Blanc. 

Le succès de cette autofiction, dans laquelle l'autrice franco-algérienne raconte son parcours de femme musulmane et lesbienne qui trouve du réconfort dans l'écriture, tient bien sûr « à l'accueil positif réservé par les médias mainstream, mais aussi à l'impact des podcasts sur le féminisme et le genre dans lesquels elle a été invitée », remarque son attaché de presse, Arnaud Labory. Outre « Boomerang », Télérama ou Le Monde des livres, la romancière a inauguré en septembre le podcast « Fracas », du studio Louie Media avec Radio Nova, qui explore notre rapport à la parole, et elle a eu les honneurs du programme féministe « La Poudre », de Lauren Bastide, qui revendique 10 millions d'écoutes depuis sa création fin 2016. « Les podcasts qui marchent sur des systèmes de communautés ont un fort pouvoir prescripteur : tous n'ont pas une diffusion énorme, mais ils parlent à 100 % de leurs auditeurs », ajoute le fondateur de l'agence de communication La Bande.

Toucher un public plus large

Selon la plateforme spécialisée Acast, le marché français du podcast natif a connu une augmentation de 36 % du nombre d'écoutes mensuelles au dernier trimestre 2020, à 14,9 millions d'écoutes. Sur la même période, le nombre d'auditeurs uniques a augmenté de 40 % (3,9 millions chaque mois). Avec cette explosion des usages, les podcasts trouvent peu à peu leur place dans l'écosystème de promotion du livre. Et ce, qu'ils questionnent la société en s'appuyant sur des ouvrages, comme le fait régulièrement la journaliste Victoire Tuaillon dans « Les couilles sur la table », produit par Binge Audio, (10e podcast le plus écouté de France en avril, selon l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias), ou qu'ils s'adressent aux amateurs de littérature.

« Bookmakers » de Richard Gaitet (Arte Radio), qui nous ouvre les coulisses de la création littéraire et donne la parole à un écrivain sur trois épisodes - Sylvain Prudhomme, Alice Zeniter, Philippe Jaenada... - fait ainsi son entrée dans notre classement des émissions de radio les plus influentes. « Le podcast, c'est un endroit parfait pour parler de littérature », relevait récemment auprès de Livres Hebdo Agathe Le Taillandier, animatrice du podcast « Le Book Club » (Louie Media), lancé en 2019 et réalisé en partenariat avec le site Leslibraires.fr.

L'émission, une interview d'une grande lectrice autour du livre qui a été déterminant dans sa vie (on y croise la libraire lilloise Hélène Woodhouse, la comédienne Noémie de Lattre, la dessinatrice Mirion Malle...), a fait évoluer sa formule pour toucher un plus large public : « Le premier format était une interview d'une personnalité, qui nous conseillait trois livres. C'était un peu érudit. Nous nous sommes orientés vers un autre format, qui a amené un autre type de discours sur la littérature. Aujourd'hui, on parle à un public qui n'est pas forcément grand lecteur ou lectrice », souligne la présentatrice du « Book Club », qui dépassait les 66 000 écoutes au mois d'avril.

Dernière preuve de la vitalité du format, le monde du livre s'empare lui aussi du podcast. Après les éditeurs, qui multiplient les productions maison depuis trois ans, place aux libraires, à l'image de Marie-Eve Charbonnier, de la librairie Parole à Saint-Mandé. Avec une de ses clientes, la comédienne Aurélie Rusterholtz, elle a lancé en mars « Paroles buissonnières », des épisodes de 20 à 30 minutes autour d'une thématique (le désir, le piano, la justice), mis en ligne tous les quinze jours et qui font la part belle à la lecture à voix haute.


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