Cyril Cannizzo, agent artistique, Stéphane Distinguin, entrepreneur, Marianne Fougères, docteure en science politique et autrice, et David Naïm, romancier et ancien consultant se sont réunis autour d'un projet commun : les éditions Brèves. « Nous avons confronté nos différents points de vue, issus de l'entrepreneuriat, du digital ou des industries créatives pour créer cette maison d’édition », nous confie David Naïm.
L’ambition de cette nouvelle maison est de redonner goût à la lecture et de rapprocher les auteurs contemporains d'un public qui lit peu, voire plus du tout. Pour ce faire, Brèves s'appuie sur Interforum, filiale du groupe Editis, pour la diffusion et la distribution, ainsi que sur l'entreprise d'impression Made [Lab].
Une première collection consacrée au polar
Pour inaugurer son catalogue, Brèves a misé sur le polar, un genre propice aux intrigues resserrées et aux rebondissements. Douze figures du polar contemporain collaborent à ce projet, parmi lesquelles Barbara Abel, R.J. Ellory, Bernard Werber et Michel Bussi. Ils ont été invités à respecter quelques contraintes. « Nous leur avons soumis le projet en leur demandant s'ils étaient prêts, sans changer leur style, à écrire dans un format plus court. C'est un challenge qui les a intéressés, explique le cofondateur. Nous avons aussi proposé aux auteurs d’écrire à partir d’un fil conducteur commun : celui de mettre en scène un personnage ou une situation qui dérape », ajoute le cofondateur David Naïm.
Cette ligne directrice laisse néanmoins aux écrivains toute latitude pour déployer leurs univers singuliers et jouer avec les attentes du lecteur. Les deux premières novellas, L’Écharpe jaune de R.J. Ellory et La bonne cible de Barbara Abel sont disponibles en librairie depuis le jeudi 5 novembre.
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Redonner le goût de la lecture
Au-delà du choix des textes, Brèves entend également agir sur la forme du livre pour faciliter l'entrée dans la lecture. La mise en page a ainsi été conçue en tenant compte de recommandations issues d'études en orthophonie, notamment des travaux du Dr Karine Harrar-Eskinazi, spécialiste de la dyslexie, mais aussi des usages des codes digitaux. Police et taille de caractères, interlignages, longueur des marges, justification, etc. : tout est passé au crible pour séduire le lectorat.
Les ouvrages empruntent notamment la police dite “readable” Atkinson Hyperlegible, en caractère d’1.8 mm pour garantir un confort de lecture et une distinction claire des lettres. Les interlignes sont fixés à 1.4 points typographiques pour réduire la charge visuelle, les paragraphes sont courts et aérés, les marges généreuses (2 cm environ) et les lignes comportent en moyenne 40 à 50 caractères pour éviter la déconcentration. Le choix du papier participe également de cette démarche : Brèves privilégie un papier bouffant en teinte naturelle et un texte aéré par illustrations. Des pictogrammes, des citations et la mise en relief de certains paragraphes rythment la lecture.
Un objet artistique et cinématographique
Outre cette mise en page soignée, la maison a travaillé à la beauté du produit. « Nous avons voulu faire un livre-objet pour que les lecteurs aient plaisir à le sortir dans le métro, au café, et à emporter partout avec eux » confie David Naïm. Avec ses dimensions de 10 x 16 cm, légèrement inférieures à celles d'un livre de poche traditionnel, le livre est conçu pour tenir dans une poche de jean.
La couverture fait, elle aussi, l'objet d'un travail particulier, mené avec l'illustrateur Simon Bailly (Hermès, The New Yorker, Actes Sud, etc.). Fasciné par le cinéma d’animation, ce dernier a imaginé des fenêtres graphiques lenticulaires exclusives, donnant une impression de mouvement qui attire le regard dès le premier coup d'œil. Le cinéma est d’ailleurs un leitmotiv que l’on retrouve chez Brèves. Les livres sont agrémentés de book trailers, des bandes-annonces littéraires réalisées par l’agence Forms à base d’intelligence artificielle, accessibles via des QR Codes sur la quatrième de couverture.
Les œuvres de la collection Polar ont aussi pour vocation d’être adaptées à l’écran. Les échanges avec les producteurs sont en cours et projettent de faire naître une série audiovisuelle. « Un certain nombre de lecteurs aiment voir adapter les livres qu’ils ont lus à l’écran ; c’est une manière de se réapproprier le livre » conclut le cofondateur.

