Les 4 finalistes du Goncourt 2019 | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, à Cabourg, le 27.10.2019 à 12h09 (mis à jour le 28.10.2019 à 08h45) Grands prix d'automne 2019

Les 4 finalistes du Goncourt 2019

Le jury du Goncourt à Cabourg - Photo ISABEL CONTRERAS / LH

La proclamation du prix Goncourt aura lieu lundi 4 novembre. 

Les membres de l'académie Goncourt ont dévoilé, dimanche 27 octobre, leur troisième liste composée de 4 titres. Les délibérations se sont tenues au Grand hôtel de Cabourg, lieu choisi par le jury pour marquer le centenaire du prix Goncourt attribué, le 10 décembre 1919, à Marcel Proust pour A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

"Le jury manque de cohérence"

Alors qu'ils avaient écarté l'an dernier Philippe Lançon avec Le Lambeau, prétextant qu'il ne s'agissait pas d'un roman, les Goncourt ont porté en finale Olivier Rolin et son récit de voyages, Extérieur monde, publié chez Gallimard. «Nous l'avons lu comme le roman de sa vie», a réagi le juré Pierre Assouline. «Ce sont des rencontres, des voyages, des lectures... En tout cas, c'est de la littérature», a-t-il poursuivi. «Tout simplement, d'une année sur l'autre, le jury manque de cohérence », a lancé, sourire aux lèvres, le président de l'académie Goncourt, Bernard Pivot. 

Parmi les finalistes, les jurés ont aussi retenu Amélie Nothomb pour Soif (Albin Michel), où elle interroge Jésus-Christ, durant les dernières heures de sa vie, de son procès à sa crucifixion. C'est la troisième fois que l'écrivaine figure sur une liste du Goncourt. La première, en 1999, saluait son œuvre Stupeur et Tremblements, couronnée par le Grand prix de l'Académie française. La deuxième, en 2007, distinguait Ni d'Eve ni d'Adam, pour lequel elle a finalement obtenu le prix de Flore. 
 
La dernière sélection :
  • La part du fils de Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (L'Olivier)
  • Soif d'Amélie Nothomb (Albin Michel)
  • Extérieur monde d'Olivier Rolin (Gallimard)

"Une conception assez extensive du genre roman"

Devant un parterre d'une centaine de personnes, venues assister à l'annonce de la troisième sélection, les jurés ont commenté cette édition du Goncourt. « Il y a une conception assez extensive du genre roman », a souligné de son côté Françoise Chandernagor. On pourrait dire que le seul vrai roman finaliste est celui de Jean-Paul Dubois. Puisqu'Amélie Nothomb reprend les Evangiles... Jean-Luc Coatalem, lui, revient sur la vie de son grand-père, c'est son histoire personnelle. Puis Olivier Rolin raconte ses souvenirs de voyage. En effet, nous n'avons qu'un seul roman, mais la notion de roman est attrape-tout. Nous pouvons à ce propos nous interroger sur Proust: est-ce que la Recherche était un roman ? Il l'était pourtant, un roman particulier ».

Le 4 novembre sera dévoilé, chez Drouant, le nom du successeur de Nicolas Mathieu, lauréat en 2018 pour Leurs enfants après eux (Actes Sud). En cas de victoire, Stock et L'Olivier recevraient leur premier Goncourt, Albin Michel son douzième (et le premier depuis 2013) et Gallimard son 38e, trois ans depuis Chanson douce de Leïla Slimani.

L'académie Goncourt, présidée par Bernard Pivot, se compose de Pierre Assouline, Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel, Paule Constant, Didier Decoin, Virginie Despentes, Patrick Rambaud et Eric-Emmanuel Schmitt. Virginie Despentes n'était pas présente aux délibérations pour des raisons personnelles.
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